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Saint-Nicolas de la Grave: 5 septembre 2011
Castelmayran: 6 septembre 2011
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 Reflexion sur l'évolution du karaté

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MessageSujet: Reflexion sur l'évolution du karaté   Lun 5 Juil - 1:10

Le Karaté pratiqué aujourd'hui est bien différent de celui des débuts en 1960.
Les méthodes d'enseignements, les connaissances des Maîtres et professeurs, les attentes des pratiquants, l'esprit avec lequel ils abordent cette discipline, le climat social et les valeurs ont changé.

Au début des années 60, rares étaient les maîtres japonais chevronnés qui, enseignant hors du Japon, pouvaient afficher une expérience de quelques 15 à 20 ans dans le domaine du Karaté -do. Leur parcours avait été largement perturbé par la guerre mondiale et la période qui s'ensuivit. La plupart d'entre eux étaient de jeunes ceintures noires qui nous arrivaient, frais moulus, des écoles des cadres japonaises. Porteurs de grades rapidement passés, suite à une courte pratique du Karaté et de son enseignement, ignorants de notre culture et de nos règles sociales, ils n'avaient
souvent de " Maître Asiatique ", que l'aspect extérieur. Les occidentaux qui enseignaient annonçaient en règle générale moins de 5 ans de pratique. Au mieux certains, issus du Judo, pouvaient faire valoir plus de 10 ans d'entraînement. La connaissance que l'on avait du Karaté était limitée à des techniques élémentaires, apprises soit au cour de stage de masse, soit par le truchement de livre au contenu douteux ou de films super 8mm de mauvaise qualité.

Les vraies origines du Karaté (Chine, Okinawa etc,.) étaient méconnues même des japonais.
Chacun croyait que son école représentait exclusivement l'art de la main vide (KARA-TE).
Les propos colportés sur le Karaté et son efficacité tenaient du mythe d'une quasi invincibilité - auquel même les enseignants croyaient -, que du réalisme.

A contrario, dans ce contexte, la volonté d'apprendre et l'énergie passionnée dépensée à cet effet étaient exemplaires ! Elles apparaissent aujourd'hui comme démesurées quand on les compare aux " efforts à l'économie " de la majorité des karatékas actuels.
Durant leurs vacances ou usant de congés complémentaires sans solde, les pratiquants étaient prêts à parcourir, des centaines, voire des milliers de kilomètres pour suivre des stages, où les inscrits se chiffraient en centaines, dans des conditions plus que spartiates.

Les Dojos, où il était fréquent que les stagiaires dorment à même le sol après les stages, n'offraient qu'un confort rudimentaire. C'étaient souvent des hangars, anciens ateliers, locaux vétustes rapidement repeints, sans chauffage ni sanitaires. Les rares pommes de douches apparaissaient comme un luxe.

L'entraînement " à la dure ", à la limite de la violence gratuite était monnaie courante. S'initier à un Art martial était alors souvent synonyme d'exercice poussé jusqu'à un état proche de l'épuisement. La douleur rythmait l'acquisition des connaissances. Dispensé tôt le matin ou tard le soir, l'enseignement, procédait de l'empirisme et tenait plus de l'apprentissage en atelier que du cours magistral.

Chaque " haut gradé " (en règle générale ceinture bleue ou marron) essayait de " voler " (ou "capter ") une nouvelle technique qu'il testait sur les plus débutants, ce qui en permettait la transmission pyramidale dans tout le Dojo.

Les pseudo maîtres, qui se voyaient conférer de quasi pleins pouvoirs par des élèves adminiratifs et soumis, masquaient souvent leurs connaissances lacunaires, par des manifestations autoritaires permanentes, voire des châtiments corporels.

Les compétitions auxquelles on participait comme à des duels, souvent sans encadrement (à l'exception de celui qu'assuraient des camarades d'entraînements qui n'étaient pas en train de combattre), n'offraient qu'un seul objectif : tester sa vaillance et sa technique, et vaincre, sans souci ni de titre, ni de médaille.

Faire partie d'un Dojo (quelque soit sa situation sociale et sa personnalité) c'était d'abord payer de sa personne pour construire, aménager, entretenir la salle, puis s'acquitter d'une cotisation afin simplement d'adhérer au groupe.
On pouvait ensuite, sans garantie aucune, partir à la quête du Karaté, espérant gagner un savoir et le transmettre à d'autres.

Tout se passait dans le respect de la hiérarchie des grades, d'ancienneté et d'âges, jamais mis en doute. Les indésirables étaient rapidement éconduits, les fortes têtes corrigées, et les récalcitrants châtiés. Les valeurs morales et sociales se forgeaient en même temps que les qualités physiques.

Gagner de l'argent au moyen du Karaté, ou envisager " d'en vivre " n'était pas de mise, sauf pour quelques rares professionnels, qui apparaissaient alors, malgré leur maigre bagage technique, comme des " sachants " intouchables.

Il était parfois possible de trouver un " Maître " incontestable, mais seulement après des années de recherches et d'errances. S'il acceptait de vous initier à son Art et partager son savoir, il fallait prendre l'engagement de transmettre avec son accord dans les mêmes conditions, le contenu de l'Ecole, mais uniquement à de rares personnes jugées dignes de foi.

Ces temps, pourtant récents sont révolus et les faits relatés semblent relever de pratiques ancestrales. Aujourd'hui, il n'est pas rare de rencontrer des Professeurs occidentaux, compétents, fort de 40 ans de pratiques, eux-mêmes s'entraînant régulièrement sous la férule de " Vrais Maîtres ", dépositaires de savoirs authentiques.

Les bons Dojo Japonais, Okinawaïens, sont identifiés, visités et leurs méthodes ont été analysées, évaluées, voire améliorées. Les origines réelles du Karaté-do ont été dévoilées, et ont ainsi permis de s'initier à des disciplines complémentaires fondamentales.

Depuis des années déjà, sur le plan sportif, quelques équipes occidentales, dominent les équipes asiatiques, et sont devenues les chefs de file de la fédération Mondiale. Les professeurs sont formés, par des cours spécifiques aux méthodes pédagogiques modernes en qualité de " cadre-enseignants ". Le contenu des " Ecoles " (ou styles) est diffusé intégralement - ou du moins le croit-on - par le livre, la vidéo, les CD Rom, internet, etc .

Les salles d'entraînement, souvent mises à disposition des clubs, presque gratuitement par les pouvoirs publics, sont d'un rare confort.

Les compétiteurs sont équipés, accompagnés, logés, nourris, voire indemnisés (si ce n'est rémunérés). Ils deviennent des enfants gâtés des Clubs, collectionnant médailles et coupes et espérant attirer une clientèle rémunératrice pour de nombreux professeurs (pourtant amateurs) ainsi que des sponsors, par les résultats acquis en compétition.

Cet aspect économique, dont les enseignants sont initialement responsables, influence la mentalité des pratiquants du Karaté sportif : non seulement ils ne nourrissent plus la fierté de représenter leur " DOJO ", mais ils utilisent les structures de ce dernier que pour être honorés à des fins personnelles. On constate ainsi que toute personne s'acquittant d'une cotisation se croit autorisée à exiger des horaires adaptés au siens, une disponibilité totale des enseignants à son égard, des locaux adéquats, modernes et implantés en ville de façon à lui épargner de long trajets et ennuis de parking, un droit de regard sur les méthodes pédagogiques utilisées mais qui plus est, sur le contenu de l'enseignement..

Non seulement la mode des " Fitness-club ", et du sport rémunérateur, envahit nos " salles ", mais des " manières " de comités d'utilisateurs quasi débutants ou de parents non pratiquants souhaiteraient même orienter, tel un produit de consommation immédiate, l'enseignement de notre discipline.

De telles orientations sont inacceptables ! ! !

Alors que des pratiquants passionnés et sérieux, après des décennies de vécu quotidien du Karaté-do, confessent modestement leurs maigres connaissances, la plupart des jeunes " karatékas ", ayant glanés quelques trophées et médailles, délaissent le " Dojo ", avant même d'avoir perçu l'essence de notre " Art ", pour vaquer à des occupations moins fatigantes, plus distrayantes ou socialement plus valorisantes. Quant aux adultes inscrits, bon nombre ne foulent le " tatami " qu'en touristes, de façon très irrégulière, recherchant plus un effet de " sauna " en " mouillant
le kimono ", que les bienfaits de la pratique assidue du " Karaté-do ".

O Sensei Gichin FUNAKOSHI (le Maître respecté), considéré comme le père du Karaté moderne, souhaitait que toute personne ait la possibilité de s'y initier, en dépit de toute considération d'âge, de sexe, de race, de religion, de handicap. Nous faisons notre cette orientation tout en lui apportant la nuance suivante : si nous reconnaissons à " chacun " le droit de pratiquer le karaté-do, nous nous réservons celui de l'enseigner à " n'importe qui ".

Texte de Pierre SIBILLE, créateur des DOJOS HENRI JORDAN (Genève)

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